DECLARATION
Les travailleurs
mauritaniens avaient fondé des espoirs motivés pour l’amélioration de leurs
conditions économiques et sociales et le respect des principes et droits
fondamentaux au travail au lendemain de l’aboutissement de la période de
transition couronnée par des élections libres et démocratiques, les
premières du genre dans l’histoire de notre pays ; et qui ont permis la
mise en place d’institutions représentatives de la volonté populaire.
La CGTM à l’instar de
tous les acteurs politiques, économiques et sociaux a contribué, même
modestement, à l’avènement de cette ère nouvelle, malgré l’impasse réservée
au volet social par la transition.
Aujourd’hui, l’espoir
d’antan cède malheureusement de plus en plus la place à des inquiétudes
grandissantes quant à l’amélioration des conditions de vie et de travail des
milliers de travailleurs dont les droits fondamentaux sont violés, bafoués
et remis en cause d’une manière croissante et, ce sans que les pouvoirs
publics ne réagissent conformément aux engagements qu’ils avaient pris de
faire respecter la justice et le droit et d’assurer de meilleures conditions
d’existence aux populations en général et dont les travailleurs constituent
la force vive.
En effet, plusieurs
sociétés et entreprises publiques sont en train, soit de disparaître, soit
de connaître des privatisations et des restructurations dont le dénominateur
commun est le licenciement des travailleurs sous une forme ou une autre :
1.
Les employés de la Société Air Mauritanie viennent de constater amèrement la
légèreté avec laquelle le sort de leur compagnie se joue avec la complicité
des pouvoirs publics et dans l’opacité totale quant au sort de centaines de
travailleuses et travailleurs et leurs familles.
Créée depuis 1963, cette
compagnie, symbole de la souveraineté nationale, a longtemps mobilisé la
participation du contribuable mauritanien qui a consenti des sacrifices
énormes pour la pérennisation de cet important outil de développement. La
notification de sa liquidation aux représentants du personnel par le
ministère de tutelle veut effacer toutes les traces de mauvaise gestion
qu’a connue cette société et qui a été à l’origine de cette crise financière
grave, et en même temps jeter dans la rue des ressources humaines dont les
compétences sont avérées et attestées par les experts de la navigation
aérienne.
La CGTM estime qu’Air
Mauritanie doit être sauvée de la mise à mort annoncée par la prise de
mesures énergiques de redressement qui mettent en avant l’intérêt national
et la préservation des emplois des travailleurs qui sont prêts à relever les
défis s’ils sont associés à la gestion de leur compagnie.
2.
Au niveau de la Société Nationale Industrielle et Minière des informations
relayées par la presse locale font état d’une éventuelle cession par
l’Etat de 30% de ses parts dans le capital de la société à des privés
étrangers, et l’Etat n’a fait aucune réaction face à ces informations. Si
cette option devrait se réaliser, on assistera au bradage d’un pan important
de l’économie nationale pour lequel la nation et les travailleurs en
particulier ont consenti, des fois au prix de leur vie, des sacrifices
inouïs pour faire de la SNIM une société performante et productive, en un
mot, la fierté de la Mauritanie.
3.
Le Port Autonome de Nouakchott dit Port de l’Amitié entame une série de
restructuration dont le redéploiement du personnel constitue une composante
et qui s’est matérialisé récemment par l’organisation de tests de niveaux
pour les postes de responsabilité. Le résultat de cette opération révèle
l’amateurisme des experts et la persistance du clientélisme et du népotisme
de la part de la direction générale de cet établissement, ce qui s’est
traduit par la sélection des moins attitrés et des moins expérimentés à des
postes stratégiques consacrant ainsi des pratiques qui avaient conduit
depuis quelques années le PANPA à la situation anarchique actuelle.
4.
La Société Mauritanienne de l’Electricité et la Société Nationale De l’Eau
vont entamer très prochainement des programmes de restructuration dont les
dommages seront très certainement un plan de dégraissage du personnel à
l’image de ce qui s’est passé à la Mauritel S.A.
La CGTM est très
indignée face à ces menaces qui pèsent sur les emplois de milliers de
travailleurs qui sont les victimes de modes de gestion et de management
chaotiques qu’ont connus ces sociétés et entreprises de la part de
responsables véreux préoccupés par l’accumulation de biens et de profits
personnels sans jamais en répondre devant la justice.
La CGTM dénonce
énergiquement le bradage du patrimoine économique national au profit de
milieux d’affaires privés étrangers au détriment de l’intérêt national.
La CGTM tient le
gouvernement responsable de cette gestion chaotique des sociétés publiques
et para publiques et considère que les thérapies préconisées pour ces
sociétés ne concordent nullement avec les engagements pris devant le peuple
au moment de solliciter son suffrage.
La Mauritanie mérite de
figurer dans la liste des nations soucieuses du devenir de leur peuple et de
leurs travailleurs en leur garantissant des conditions de vie et des emplois
décents et la préservation des secteurs vitaux afin d’assurer un
développement national durable.
La CGTM demande avec
insistance au gouvernement de procéder aux audits de toutes les sociétés
concernées afin de déterminer les responsabilités de leur mauvaise gestion
et que les auteurs avérés en répondent devant la justice
La CGTM appelle les
travailleurs mauritaniens à se mobiliser et à rester vigilants face à ces
plans machiavéliques qui hypothèquent dangereusement leur devenir et celui
du pays tout entier et à se tenir prêts pour engager des luttes conséquentes
pour faire entendre leur voix et faire respecter leurs droits.
L’injustice ne passera
pas !
Non au bradage de
l’économie nationale !
Non à la liquidation
d’Air Mauritanie ; symbole de notre souveraineté !
Halte aux privatisations
et aux restructurations aveugles !
Vive la lutte des
travailleurs !
Nous vaincrons !
Nouakchott le 6 octobre
2007.
Le Comité Exécutif
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