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PLATE FORME REVENDICATIVE DU 1ER MAI 2007.
Le 1er mai 2007 intervient cette
année dans un contexte historique dans notre pays, contexte marqué par la
fin de la période de transition issue des changements du 03 août 2005. A la
faveur de ce processus, des institutions républicaines, représentatives de
la volonté de notre peuple, ont été élues et augurent de lendemains
meilleurs pour l'ancrage de la démocratie en Mauritanie. Les Centrales
syndicales signataires de cette présente plate forme, gardent l'espoir que
les nouvelles autorités qui président aux destinées nationales, sauront
mesurer , à leur juste valeur, les attentes des milliers de travailleurs et
travailleuses, longtemps, abandonnés à leur sort dont les manifestations les
plus visibles sont la précarité de l'emploi, la détérioration des conditions
de vie et de travail, un manque de respect entre autres.
La présente plate forme
revendicative, qui expose les priorités vitales pour assurer la survie du
monde du travail, requiert une attention particulière et dont l'étude
nécessite la présence de tous les partenaires sociaux dans le cadre d'un
dialogue social, facteur de stabilité et de croissance économique.
POUVOIR D'ACHAT
DES TRAVAILLEURS
Les niveaux des salaires et des
traitements en vigueur dans le pays, sont parmi les plus faibles de toute la
sous région maghrébine et celle de l'Afrique de l'Ouest. Différentes
augmentations ont été octroyées par l'Etat à ses fonctionnaires mais se sont
ajoutées à un niveau quasi inexistant de traitement.
Les secteurs parapublics et privés ont été laissés en rade face à ces
augmentations qui n'ont pas été généralisées à tous les travailleurs.
Pendant ce temps, la politique de libéralisation sauvage a permis aux
pouvoirs publics de se désengager des secteurs vitaux de l'économie,
abandonnant le marché à la merci des intérêts financiers et capitalistiques
qui n'ont aucune pitié pour les consommateurs. Les prix des produits de
première nécessité ont flambé d'une façon vertigineuse et anarchique,
détériorant les conditions d'existence de la majorité des travailleurs.
Nous demandons la réactualisation et la revalorisation des salaires et
traitements de tous les employés des secteurs public et privé dans le cadre
d'une concertation entre l'ensemble des partenaires sociaux, et ce dès la
première année du mandat présidentiel en cours.
PROTECTION
SOCIALE
Les filets de sécurité sociale
qu'offre la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) demeurent très en
deçà de performances attendues de cette Institution, qui, requiert , dans
les meilleurs délais , la convocation des Assises Nationales de la Sécurité
Sociale, pour une révision des règles de fonctionnement et de couverture
sociale.
Les travailleurs mauritaniens sont les seuls à ne disposer d'un toit durant
toute leur carrière, et après avoir loyalement servi leur nation, ils
finissent par remplir les ghettos des grandes villes avec une progéniture
sans lendemain. Nous exigeons la réhabilitation de la Banque de l'habitat et
de la Socogim, pour développer une politique de logement en faveur des
travailleurs tant locaux qu'immigrés.
RESPECT DES CONVENTIONS ET DES LEGISLATIONS DE TRAVAIL
La Mauritanie a ratifié les huit
Conventions fondamentales de l'Organisation Internationale de Travail (OIT)
et la Convention des Nations Unies sur la migration, cependant, la violation
des libertés syndicales et les Droits des travailleurs sont monnaie courante
au niveau national, sans que l'administration du travail ne puisse jouer son
rôle d'arbitre et de régulateur de la paix sociale. Cette situation rend
encore plus vulnérable et faible le travailleur mauritanien, qui est victime
d'une exploitation de sa force de travail et de sa dignité, et même les
luttes qu'il mène pour se défendre sont diabolisées et décrédibilisées,
l'abandonnant à la merci d'un patronat qui se renforce davantage et face à
des juridictions de travail qui manquent d'opérationnalité.
Nous demandons la révision du
Code de Travail, du Statut Général de la Fonction Publique et des Agents
Auxiliaires de l'Etat ainsi que du Code de Travail Maritime et de tous leurs
textes d'application pour les rendre plus conformes aux Conventions
Internationales de l'OIT que la Mauritanie a ratifiées, notamment celles
relatives à la liberté syndicale et au libre exercice du droit syndical.
EMPLOI ET LUTTE
CONTRE LE CHOMAGE
Le chômage des jeunes et des
femmes devient une sujet de préoccupation nationale face à une explosion de
gisements tant pétroliers que miniers qui accroissent considérablement le
Produit National Brut et la croissance économique. Le recours par les
sociétés multinationales opérant dans ces secteurs à une main d'œuvre
expatriée pour des postes à qualification existante sur le marché
national contribue à élargir le chômage des jeunes diplômés pour le
recrutement desquels il n'existe pas encore une politique fiable.
Nous demandons la tenue des Etats Généraux de l'Emploi dans les meilleurs
délais.
L'insertion des femmes dans la vie active et productive passe nécessairement
par la possibilité pour elles d'accéder à des emplois décents, au crédit
financier et foncier, au patrimoine ainsi que le renforcement de leurs
capacités.
FORMATION
PROFESSIONNELLE
Notre pays connaît un déficit
important en matière de main d'œuvre qualifiée pouvant répondre aux besoins
de l'économie nationale ; A cet effet , il est urgent de mettre en place une
politique de formation professionnelle en mesure de combler cette
insuffisance.
C'est dans ce sens que le secteur de l'économie informelle qui se développe
à un rythme exponentiel est caractérisé par un manque de qualification des
acteurs face à un marché inondé par des produits manufacturés dont
l'importation réduit les chances de compétitivité des produits locaux. Nous
demandons l'ouverture généralisée à toutes les régions du pays, de centres
de formation professionnelle en faveur de cette main d'œuvre tant féminine
que masculine qui participe largement à la croissance de l'économie
nationale.
D'autre part, les travailleurs du secteur public sont confinés dans des
postes d'emploi le plus souvent obsolètes et qui manquent de compétitivité
et qui contribuent à leur marginalisation dans la production des biens et
des services , les exposant aux plans drastiques de réduction des effectifs
initiés par les thérapies des Institutions de Bretton Wood (FMI et Banque
Mondiale). Nous demandons la réhabilitation des Ecoles nationales comme
l'ENA , le Centre Mamadou Touré ainsi que les autres instituts et Centres
qui ont besoin de s'adapter aux mutations de l'économie nationale et à la
performance de nos travailleurs.
TRAVAILLEURS
VICTIMES DES EVENEMENTS DE 1989.
L'injustice qui frappe cette
frange de nos travailleurs n'a que trop duré. Nous demandons, en
conséquence, le plein rétablissement dans tous leurs droits des travailleurs
victimes des événements de 1989.
Nouakchott, le 1er mai 2007.
Union des Travailleurs de
Mauritanie UTM
Confédération Générale des
Travailleurs de Mauritanie
CGTM
Union Libre des Syndicats de
Mauritanie
USLM
Union Générale des
Travailleurs de Mauritanie
UGTM
Union Nationale des
Travailleurs de Mauritanie
UNTM
Confédération Nationale des
Travailleurs de Mauritanie
CNTM
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