Point d’information
sur les négociations entre les partenaires sociaux (Gouvernement, Employeurs
et Travailleurs)
Il faut avant tout
rappeler que de telles négociations avaient été organisées de juillet 2004
à juin 2005 et avaient permis d’obtenir, entre autres, l’augmentation du
SMIG de 4312 à 21 000 UM, applicable à partir du 01/01/05.
Elles étaient
interrompues à cause du coup d’état du 03/08/05, puis totalement gelées
durant toute la période de transition, malgré les multiples pressions que
les organisations syndicales des travailleurs avaient exercées sur le CMJD.
Avec l’avènement de la
troisième république, la poursuite des mêmes pressions syndicales (lettres
adressées au Président de la République et au Premier Ministre, meeting
organisé au courant du mois de février 2008, etc.) ajoutées à d’autres
pressions, avaient fini par amener le Gouvernement de SIDIOCA à accepter de
faire des concessions pour tenir compte de la situation sociale au bord de
l’implosion et de chercher à prendre en charge quelques préoccupations des
populations en général (mise en œuvre d’un plan d’urgence) et des
travailleurs en particulier (augmentation des salaires des fonctionnaires et
des retraités de 10%).
Il n’y a pas de doute que
l’augmentation généralisée des prix dans notre pays est une conséquence de
l’accentuation de la crise internationale matérialisée par la hausse
vertigineuse des prix du pétrole et celle des céréales de première nécessité
comme le riz et le blé pour n’évoquer que les facteurs les plus essentiels.
C’est dans ce contexte
que lesdites négociations étaient reprises avec la participation de tous les
partenaires sociaux (le Gouvernement, les deux centrales du patronat et les
dix centrales syndicales des travailleurs actuellement reconnues dans notre
pays), au début du mois de mars 2008 par l’adoption au préalable d’une
première plateforme regroupant les points suivants : les salaires, le
logement, la sécurité sociale, la formation professionnelle dans les
secteurs du pétrole, des mines et de la pêche.
Ces négociations étaient
organisées par rounds à savoir, les points inscrits à l’ordre du jour sont
étudiés les uns après les autres et pour chaque point :
- prendre le temps
nécessaire (2 à 3 jours par exemple)
- discuter de manière
approfondie tous les différents aspects et tirer les conclusions avant de
passer au point suivant.
Le premier round qui
portait sur les salaires avait eu lieu du 12 au 14 mai et ses conclusions ne
seront rendues publiques qu’à la fin des négociations en même temps que tous
les autres points.
Le démarrage du deuxième
round portant sur les logements qui devait intervenir à partir de la date du
15 mai 2008 avait fait l’objet de quelques divergences :
- le représentant de la
CGTM a proposé de maintenir la date du 15 mai initialement retenue, de
battre le fer pendant qu’il est chaud en poursuivant le deuxième round dans
la foulée pour le terminer dans les 2 ou 3 jours qui suivent,
- les représentants du
patronat, notamment ceux du CNPM ont proposé de reporter ce deuxième round
à la date du 22 mai pour leur permettre de tenir, entre temps, leur congrès
fédéral,
- les représentants du
Gouvernement étaient absents du fait du remaniement ministériel.
- tous les représentants
des autres centrales syndicales, hormis donc la CGTM, ont proposé la reprise
des négociations à la date du 17 juin 2008, après le voyage du BIT à Genève
prévu à partir du 25 mai.
C’est, en définitive cette
dernière proposition qui sera retenue pour l’ensemble en fixant la date du
deuxième round aux 17, 18 et 19 juin 2008, mettant la proposition de notre
représentant en minorité.
Autant le report proposé
par le patronat était justifiable, autant celui de nos autres camarades
syndicalistes était difficilement compréhensible. Est-ce par calcul ou
laxisme habituel? Est-ce par manque de compréhension des enjeux ?
Il faut espérer que de
pareilles divergences qui affaiblissent le camp des travailleurs ne se
reproduisent plus, et, en tout état de cause, il est important, du point de
vue de l’avenir que tous les militants syndicalistes, qu’ils soient de la
CGTM ou des autres centrales, suivent de très près ces négociations pour
éviter les dérapages et les dérives de quelques cotés qu’ils arrivent.
La CGTM accepte avec
plaisir les remarques, critiques et observations émanant de toutes les
opinions et s’engage à les examiner avec toute la sérénité requise.
Nouakchott
le 15 mai 2008
LA
COMMISSION DE COMMUNICATION
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