Non à
la grève du 29 mai 2008.
Les
conditions des travailleurs de
l'enseignement secondaire dans notre
pays sont caractérisées par la
dégradation croissante de leurs
conditions de vie et de travail face
à l'érosion de leur pouvoir d'achat
consécutive à la hausse vertigineuse
des prix des denrées de base et la
stagnation des salaires.
Profondément touché par cette
situation, soucieux de sauvegarder
l'unité d'action syndicale et en
réaction au manque de sérieux qui a
caractérisé la réaction du Ministère
de l'Education Nationale aux
doléances des enseignants, le
SNES avait décidé de soutenir la
grève des 15, 16 et 17 avril passé,
engagée par une autre organisation
syndicale sœur.
Ce soutien était, de notre point de
vue, suffisant pour attirer
l'attention de ce syndicat sur les
avantages de l'unité d'action.
Aujourd'hui, cette même organisation
s'engage dans une grève de 45 jours
à compter du 29 mai courant.
Quelle est alors notre position par
rapport à cette grève? L'adoptons
nous ? Non, pour les raisons
suivantes :
1. Elle va à l’encontre de la
conviction de la majorité des
membres de notre syndicat ;
2. Elle constitue une réaction
démesurée (année blanche) face à la
lenteur et l'insuffisance des
réformes engagées par le partenaire
social ;
3. Nous pensons que les possibilités
de trouver des solutions par la voie
du dialogue ne sont pas encore
épuisées.
4. Cette grève est engagée sans
aucune concertation entre les
syndicats et sans aucun souci
d'unité d'action;
Allons nous contribuer à briser
cette grève ? Non, parce que nous
respectons pour chaque organisation
son droit à appeler ses propres
adhérents à mener les luttes qu'ils
jugent conformes à leurs
aspirations, qu'ils lui accordent
toute leur confiance pour les
diriger, négocier en leur nom et
prendre des décisions.
Au Syndicat National de
l'Enseignement Secondaire (SNES) :
- Nous exhortons nos collègues
enseignants à s'impliquer
sérieusement dans l'action syndicale
pour construire des organisations
capables de défendre leurs intérêts
de manière efficace et responsable
et de leur offrir l'opportunité de
contribuer efficacement au
redressement de notre système
éducatif ;
- Nous affirmons notre attachement
au dialogue comme moyen unique, à
l'heure actuelle, pour résoudre les
problèmes de l'enseignement
secondaire ;
- Nous invitons le Ministère de
l'Education Nationale à prendre
conscience de la profondeur de la
souffrance quotidienne de
l'enseignant et nous l'appelons à
entretenir un dialogue sérieux afin
de satisfaire ses revendications
légitimes pour lui permettre de
s'acquitter correctement de sa noble
mission.
Nouakchott, le 21 mai 2008
Le Bureau National